Regards et politique, le blog de Fabien Bénard

lundi 9 septembre 2013

La famille francophone. C'est pas du rap, mais du slam !


Il était une fois une famille très ancienne

Si tu comprends ces mots, cette famille est la tienne

Laisse-moi te présenter tous tes frères et tes sœurs

Ton livret de famille est d’une belle épaisseur

Ta famille est présente aux quatre coins de la terre

Au-delà des nations, sans trouble identitaire

Sur tous les continents, son chemin s’est tracé

Tu es de cette famille si tu parles en Français

Ce n’sont pas les liens du sang qui nous réunissent

Mais cette langue commune qui nous rend si complice

Elle enjambe les mers et rapproche les êtres

Elle fait de nous des frères et se fout du paraître

Quand le jour se retire, quelque soit l’horizon

A Oran, à Québec, à Dakar ou Marseille

Cet instant qui s’étire porte alors le même nom

Notre famille l’appelle ‘le coucher du soleil’

Et puis lorsqu’un enfant a besoin de sa mère

A Tunis, à Bruxelles, Bamako ou Tanger

Quelque soit son pays il a les mêmes repères

C’est quand il dit ‘maman’ qu’il éloigne le danger

Ce sont bien tous ces mots et toutes ces expressions

Qui font partie de nous, qu’on défend, qu’on partage

Ce patrimoine commun qu’on chante à l’unisson

Notre famille possède un bien bel héritage

Si tu gueules en Français quand tu es en colère

Si tu parles en Français pour séduire une fille

Si tu rêves en Français quand ton cœur s’accélère

Viens vite m’embrasser je te présente ta famille

Je te présente ta famille, je te présente ta famille, je te présente ta famille…

Il était une fois une famille très moderne

Outrepassant les normes, elle ne cesse d’évoluer

Argot, patois, verlan, populaire ou mondaine

Notre langue se sent libre, on la laisse s’envoler

Car cette langue est plus belle quand elle prend des couleurs

Qu’elle prend des libertés sur la prononciation

Un accent qui fredonne, c’est un bouquet de fleurs

Le Français est plus riche de toutes ses variations

Dans tel ou tel accent, on entend le soleil

Ou au contraire le vent et le froid d’une saison

On sent même les épices, les odeurs se réveillent

Les accents par eux-mêmes nous racontent leur région

Notre langue est vivante, les inventions fourmillent

Elle peut se transformer selon les directions

Si notre langue commune est notre nom de famille

Chacun de nos accents est alors un prénom

Notre langue est actrice de l’Histoire de la terre

Elle suit les mutations et les révolutions

Lors du Printemps arabe, personne ne l’a fait taire

Elle servira l’Afrique dans sa douce ascension

Il était une fois une famille très ancienne

Si tu comprends ces mots, cette famille est la tienne

Laisse-moi te présenter tous tes frères et tes sœurs

Ton livret de famille est d’une belle épaisseur

Si tu gueules en Français quand tu es en colère

Si tu parles en Français pour séduire une fille

Si tu rêves en Français quand ton cœur s’accélère

Viens vite m’embrasser je te présente ta famille

Je te présente ta famille, je te présente ta famille, je te présente ta famille


Grand corps malade

jeudi 15 août 2013

Quand le MoDem regarde l'UDI qui apprend à marcher.




Pris de vitesse en septembre dernier par Borloo créant l'UDI, le Mouvement démocrate et François Bayrou regardent en ce moment les premiers pas d'un parti encore hésitant. A 11 mois, il est facile de passer des tabourets aux meubles bas, de bras en bras aidant pour apprendre à marcher. Mais les chutes et les badoles sont fréquentes. Avec le PSLE, "Partis Sans Laisser d'Explications" de 2007 des députés inquiets pour leur réélection, puis la révélation d'"ARES"* qui n'a eu de vie que le souffle d'un été, avec encore l'insoutenable suspens de la candidature de Borloo pour la présidentielle 2012, les composantes de ce qui s'appelle aujourd'hui l'UDI sont bien identifiées. Enfin, je le croyais en commençant ce billet: :

Le CNI, plus exactement le Centre national des Indépendants et Paysans se dit le plus vieux parti de droite de France. Il est peut être parti avec le maire gaffeur, Bourdouleix, Maire de Cholet, à la petite phrase aux relents nazis, victime en juillet dernier d'un micro de journaliste façon "Petit journal". Le "I" d'indépendant faisant office pour beaucoup, à Nice notamment de refuge ou de groupuscule "hors UMP" ou autrefois non "RPR UDF", avec déjà des accents bien droitiers. (Obadia, Mangiapan par exemple...) J'ai eu beau chercher, je n'ai trouvé qu'un seul membre niçois ou azuréens du CNIP, Monsieur Renaud Letitre, qui en ce moment se prépare à disputer la mairie de Villeneuve Loubet à M Luca.

La Gauche moderne: JM Bockel au niveau national, Mme Parisot ou M Alain Philip à Nice. Une scission majoritaire fin 2011 va créer la "Gauche moderne et républicaine" en réaction au soutien direct et sans concertation du candidat de l'UMP à la présidentielle. Localement, en mars 2011 notons le passage de Pierre Laigle, ancien cadre socialiste niçois, dans une élection cantonale qui ne parviendra pas à faire oublier ... son oubli de s'inscrire à un second tour, face à Jean-Pierre Mangiapan, en 2008, canton de Nice 6.

Le Parti Radical Valoisien: Séparé de son faux-jumeau le PRG, le plus vieux parti de France ne voudra jamais disparaître pour vivre une aventure sans lendemain, avec des égo à soigner et des cartes personnelles à jouer. Des représentants antibois des radicaux n'ont pas manqué de nous rejoindre, sentant l'issue trop vague et trop politicienne. Et nous en sommes bien content. Quand aux représentants niçois du PRV, Hervé Caël et Richard Pogliano, nous les connaissons bien. Revendiquant à eux deux quelques dizaines de supporters, d'adhérents ou de militants, ils occupent une place nécessaire de la vie politique niçoise, la modération, l'introduction dans le débat de quelques projets, d'idées simples et de bon sens. Mais les deux hommes semblent ne pas s'apprécier, ou du moins ils s'ignorent. Enfin, leur position pour les prochaines municipale ne sont pas encore claires. Si Richard Pogliano a bien écrit un livre d'ode à Nice, presque un programme, il donne rendez-vous aux niçois plus tard, pour "faire quelque-chose". Hervé Caël qui siège depuis cinq ans au nom du MoDem dans le Conseil communal Consultatif de la Ville de Nice semble partant, ou du moins bien parti pour rejoindre Christian Estrosi sur sa liste. Ne serait-ce que pour rester un petit caillou dans la chaussure de M Bettati ?

Le PLD Parti Libéral Démocrate
J'avais été contacté il y a deux ans par des gens se réclamant de ce petit parti, et voulant faire tomber le député Rudy Salles. Ils n'avaient que cet objectif. Depuis, il y a bien un "animateur" identifié, les guillemets présents pour protéger le mot animateur, personnage au premier abord sympathique, s'annonçant un an à l'avance au MoDem 06, puis prenant racine à Antibes avec l'ouverture d'une permanence fantôme et les critiques les plus vives sur les élus démocrates. Pour finalement exister à Nice, ou tenter de le faire croire, notamment avec moult pages internet, sites et blogs tous reliés et faisant circuler un maigre contenu. Nice avait bien besoin d'un donneur de leçon ! Mais pas d'orthographe...

Le Nouveau Centre: Morin à sa tête, Lagarde (le bien nommé) qui veille, voir lui mordille les chevilles. En Côte d'Azur, avec Danièle Tubiana à Grasse, Gilles Cima à Cannes qui, premier sondage aidant, ne décollera pas, (j'ai faillis écrire ne décolère pas) nous avons la surprise ses jours-ci d'apprendre que le premier adjoint de Menton Hervé Novelli serait prêt à ferrailler, ce qui lui vaut d'être exclu, avec retrait de ses délégations. Il lui revient le mérite de faire convoquer un Conseil Municipal mentonnais un 14 aout. J'ai tenu personnellement à assister à cela, 23 minutes de Conseil avec 4 délibérations (2 pour lui enlever ses mandats, un déplacement de station service et la tarification d'un parking souterrain !) Enfin, il faut préciser que l'autre adjointe UDI de Menton, Mme Casério a bel et bien tenu à rester solidaire de M Guibal, Maire UMP (UDF autrefois) de Menton, en lui donnant son pouvoir.
Il reste la situation vençoise, oh combien triste pour ceux qui aiment des élus différents, moins inféodés et plus créatifs, plus sociaux, plus humains. J'ai bien peur, à l'heure où j'écris ces lignes que les passions desservent les vençois, tiraillés qu'ils sont et seront entre Anne Sattonet, Conseillère générale PRV UDI et Loïc Dombreval, ancien président du MoDem 06 de 2008 à 2011, ayant également rejoint discrètement l'UDI après une parenthèse avec l'Alliance Centriste de Jean Arthuis. Il se murmure que l'investiture municipale de l'UDI, comme celle de l'UMP, serait donnée au maire sortant, M Régis Le Bigre, façon ...radicale si je peux dire, de régler le problème. C'est avec un grand intérêt que le Mouvement démocrate suivra ce gâchis annoncé, faute, pour l'instant de pouvoir participer à l'éviter !

Il me reste à citer Rudy Salles, que j'ai servi bien loyalement pendant sept ans et qui, incontestablement a réussi en 2008 pour les municipales le plus "grand chelem" politique qui soit: 3 adjoints, 2 conseillers municipaux à Nice, bientôt suivi par un poste de Conseiller général. Là il n'y a pas de doute, les représentants niçois "Nouveau Centre UDI" sont des vassaux de la puissante UMP locale. Le "Hic", c'est bien le "i", car au moment de réfléchir à l'indépendance et au pouvoir d'une formation politique, il faut bien connaître sa capacité à agir, à proposer, à critiquer, à servir l'intérêt général. Comme je ne voudrais pas que transparaisse la moindre aigreur ou animosité dans mes propos, je vais laisser à d'autres le soin de parler de l'UDI niçoise. Nice Premium, par la plume de M Renato Ferrari, pose une analyse qui doit être assez juste, ou du moins assez bien vue.

Au plan national, la dernière actualité de la jeune UDI est la lettre de recadrage de Borloo à ses troupes, dont je vous livre un extrait:

Dans sa missive, le patron de l’UDI remet les pendules à l’heure. Il en profite aussi pour pointer du doigt des dysfonctionnements internes. Lors de la création de l’UDI, impulsée par Borloo, les patrons des différentes composantes de cette UDF version 2012 avaient décidé de garder - de façon transitoire - leurs anciennes petites boutiques. Hervé Morin restant par exemple président du Nouveau Centre. Mais Jean-Louis Borloo s’inquiète de voir cette transition devenir un mode de fonctionnement durable. «Cette phase est aujourd’hui achevée et, effectivement, il faut passer à quelque chose de plus unifié», admet François Zocchetto, président du groupe centriste au Sénat. Car le maintien de ces anciennes structures pose de nombreux problèmes. A commencer par celui de l’argent : certaines formations gardent pour elles les financements publics et n’en reversent qu’une partie à l’UDI. Ce qui fait dire à Jean-Louis Borloo que le parti n’a pas les moyens de ses ambitions. A savoir, devenir la première force d’opposition devant l’UMP. Selon lui, comme il l’écrit aux membres de son G9, le maintien des petites chapelles conduit l’UDI droit dans le mur.

L'article de Libération à la source

Les indiscrétions de Libération ne sont pas rassurantes pour l'UDI, et l'actualité locale semble confirmer ces dissensions. Mais je ne vais pas commenter davantage. Il reste aux démocrates et aux centristes à trouver des nouveaux chemins de dialogue et d'action, pour notamment, et cela est impératif, redonner de l'espoir aux français et aux azuréens, de la confiance dans la Politique. Et ne pas laisser les électeurs en mars prochain face au seul choix de l'abstention, du PS et ses contradictions, de l'UMP et sa droitisation, du Front national et de son langage d'exclusion.
Au Mouvement démocrate nous défendrons dès l'automne le choix de majorités d'exigences et rassembleuses pour nos communes. De l'analyse des compétences qui restent aux Maires, à la mesure d'une dépense publique que la dette force à maitriser, nos projets et nos propos seront clairs, et nous nous adresserons avec raison à des citoyens acteurs de leur avenir !


* Juin 2011, la création de L’Alliance Républicaine, Ecologiste et Sociale (ARES) Un parti ou une coalition aussi éphémère qu'un papillon.

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dimanche 28 juillet 2013

Les chatouilleuses de Mayotte



Au grand-père fonctionnaire de Madagascar que je n'ai pas connu,

A une jeune fille que je ne peux citer,

A Serge, Receveur principal, voyageur, photographe et ami de l'enclave...

Je vous rapporte une page bien méconnue de l’histoire de France. Un épisode de résistance, un épisode où la culture d'une population s'incarne dans des actions qui se veulent non-violentes. Malheureusement, si le sourire vient dans cette évocation, un terrible drame a suivi.


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Les « Sorodas », les chatouilleuses, sont des femmes de Mayotte qui se sont battues, dans les années 1960 et 1970, pour réduire l'influence des autres îles de l'archipel des Comores sur Mayotte et arrimer cette dernière à la République française. Entrainées par Zéna M'Déré, elles agissaient par le biais de commandos prenant à partie les responsables politiques comoriens en visite, pour les soumettre à des chatouilles et ainsi les forcer à s'aligner sur leurs positions ou à quitter l'île Une femme de fort caractère, cette Zéna Mdéré, 46 ans, enseignante coranique, qui rentre de Madagascar et ne reconnaît plus Mayotte. La large autonomie accordée depuis cinq ans par la France aux quatre îles comoriennes pénalise les Mahorais les premiers à être devenus français, en 1841. Mayotte a notamment perdu la capitale transférée à Moroni, à Grande Comore. Zéna Mdéré s'engage avec le leader pro-français Georges Nahouda. Zaïna Meresse se joint aussitôt à eux: «On a dit non. On s'est dit: 'On va être esclave des Anjouanais et des Grands Comoriens, vaut mieux être esclaves des Français!' On a décidé de se mettre debout. »

Dès le 2 août 1966, Zéna Mdéré et Zaïna Meresse défilent en tête d'une manifestation de femmes. La plupart sont illettrées. « Je n'avais pas été à l'école, nos mamans ne voulaient pas qu'on devienne des mzoungous» (des blancs). Les notables répondent aux manifestantes par le mépris, ce qui nourrit un peu plus leur révolte. C'est alors qu'elles lancent une curieuse action de commando. «On s'est dit: on va les chatouiller; frapper quelqu'un, ça fait mal et on peut aller en prison ». La première victime du « Commando des Chatouilleuses », les Sorodas, est le ministre Mohamed Dahalane. « On était une cinquantaine de bonnes femmes, on s'est mis à le chatouiller pour le faire partir. »

Le ministre titillé, taquiné, gratouillé jusqu'à perdre sa veste, reprend l'avion, humilié. De retour à Grande Comore, il raconte sa mésaventure. L'entourage s'en amuse. « Un autre dit: 'Moi, je vais y aller'. Et, on le chatouillait aussi! » Et ainsi de suite. Dès qu'un avion approche de l'aéroport, à Petite Terre, avec à son bord un « serrez-la-main », un responsable indépendantiste, l'action s'organise: « On avait notre signal. 'Yououou, Yououou...' et tout le monde arrivait. » Elles infligent aux gendarmes qui leur font barrage, un vrai rire de mule en les chatouillant.

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Amusante en apparence, l'action n'en provoque pas moins des tensions, jusqu'au drame du 13 octobre 1969 quand l'une des Chatouilleuses, Zakia Madi, meurt lors d'un affrontement entre partisans et adversaires de l'indépendance, sous les balles des forces de l'ordre comoriennes. Zakia Madi est assassinée et enterrée aussitôt. Affaire classée, sur une île où la corruption est un costume et une cravate portés par des élus locaux, et des bureaucrates métropolitains qui écrasent une populace vautrée dans la misère et l'alcool. Cette critique cinglante est de l'auteur de la pièce, "Zakia Madi la chatouilleuse", je la cite mais ne la reprend pas à mon compte.

La tradition, le mode d’action des chatouilleuses a semble-t'il perduré un peu, même si certaines aujourd'hui ne veulent plus prêter le flanc aux critiques et aux moqueries. Puisse ce département français, intégré parce que la population l'a voulu à notre République, nous apporter sa joie, son regard et sa façon de s'opposer aux élites (son rejet de la phallocratie). Que les mahorais soient fiers de leur culture, de l'offrir aux "métro" et qu'ils y puisent aussi la force rieuse de répondre aux questions difficiles économiques et sociétales d'aujourd'hui. L'immigration, l'alcoolisme, la vie chère...


Références :

"Zakia Madi la chatouilleuse" Pièce de théâtre de Martial, Alain-Kamal Prix de l'Océan indien.

"Aux Chatouilleuses, la France reconnaissante" article un peu ancien du journal Ouest France en ligne

En avant toutes. "Chatouilleuses, que sont elles devenues?". sur la chaine Mayotte 1ère C'Net.

"Rencontre avec… Echat Sidi, une chatouilleuse " un article très polémique de fin 2011 sur la vie chère, les Commores, à lire jusqu'aux commentaires.

Légende et crédits photographique: Femmes mahoraises présentant des plats de homard et riz- Monsieur Younoussa Bamana ancien préfet, premier député, et premier président du CG976 remet la médaille du travail à un facteur -Photos Serge H.



mardi 16 juillet 2013

Paris-Match et Ifop: Bayrou et Borloo...






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Le commentaire du sondage est de Jean-Luc Parodi, directeur de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques et consultant à l’Ifop. Le tableau de bord Paris Match-Ifop a été réalisé sur un échantillon de 1 007 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de famille, niveau d’éducation), après stratification par régions et catégories d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par téléphone les 12 et 13 juillet 2013.


Retrouvez l'article complet de Paris-Match en ligne en cliquant ici www.parismatch.com, et sans vous inquiéter du titre de l'article...





dimanche 14 juillet 2013

29 juin 1880: Discussion au Sénat du projet de loi ayant pour objet l'établissement d'une fête nationale le 14 juillet



1 ère publication 14 juillet 2010

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Ouvrir une page d'histoire, en 1880, avec la loi promulguant la fête nationale le 14 juillet, pour permettre à chacun de retrouver le sens des choses.

Sénat, séance du 29 juin 1880

Discussion du projet de loi ayant pour objet l'établissement d'une fête nationale

M. Le président. La parole est à M. le rapporteur.

M. Henri Martin, rapporteur. Messieurs, nous ne pouvons que remercier l'honorable orateur, auquel je réponds, de l'entière franchise, de l'entière loyauté avec laquelle il a posé la question comme elle doit être posée, entre l'ancienne société et la société nouvelle, issue de la Révolution.

Cette ancienne société, cette monarchie, messieurs, nous vous l'avons dit bien des fois, nous en acceptons tout ce qui a été grand, tout ce qui a été national, tout ce qui a contribué à faire la France.

Mais où en était-elle, à la veille du 14 juillet 1789 ?

Vous le savez : la royauté, arrivée au pouvoir le plus illimité qu'on ait vu en Europe, était devenue incapable d'en user ; elle-même se vit contrainte d'en appeler à la nation, après un siècle et trois quarts d'interruption des Assemblées nationales de l'ancien régime. (C'est vrai ! - Très-bien ! à gauche.)

Je n'ai pas la prétention de vous refaire l'histoire de cette grande année 1789 ; mais enfin, puisqu'on vient de faire ici le procès du 14 juillet, puisqu'on a symbolisé, dans ce petit acte de guerre qu'on appelle la prise de la Bastille (Rires ironiques à droite) et qui est un très-grand événement historique, tout l'ensemble de la Révolution, il faut bien que nous nous rendions compte, en quelques mots, de la situation où étaient alors Paris et la France.

Le 17 juin 1789, le Tiers Etat s'était déclaré Assemblée nationale. Le 20 juin, la salle de l'Assemblée nationale fut fermée par ordre de la cour. Vous savez où se transporta l'Assemblée, à la salle du Jeu de Paume ! Vous savez aussi quel serment elle y prononça ! L'ère moderne tout entière est sortie de ce serment.

Le 23, déclaration du roi annulant tous les actes de l'Assemblée nationale et la sommant de se séparer.

L'Assemblée ne se sépara pas. La cour parut céder. Mais, le 11 juillet, le ministre populaire, qui était l'intermédiaire entre la cour et le pays, M. Necker, fut congédié, remplacé par un ministère de coup d'Etat ; en même temps, on appela, on concentra autour de Paris une armée entière, une armée, ne l'oubliez pas, messieurs, en très-grande partie étrangère.

A gauche. C'est vrai ! Très-bien !

M. le rapporteur. Et le même jour, le nouveau conseil décida l'émission de cent millions de papier-monnaie, attendu qu'il ne pouvait plus espérer obtenir des ressources de l'Assemblée nationale. C'était la préface de la banqueroute, comme la préface d'un coup d'Etat.

Le malheureux Louis XVI était retombé dans les mains de ceux qui devaient le mener à sa perte. Eh bien, le même jour, dans Paris, vous vous rappelez ce qui se passa au Palais-Royal, cet épisode fameux d'où sortit le grand mouvement des trois journées qui suivirent. Cette petite action de guerre à laquelle je faisais allusion tout à l'heure, en manifestant la force populaire, mit à néant tout les projets arrêtés contre l'Assemblée nationale ; cette petite action de guerre sauva l'avenir de la France. Elle assura l'existence et la puissance féconde de l'Assemblée nationale contre toutes les tentatives de violence qui la menaçaient (Nouvelle approbation sur les mêmes bancs).

On parlait de conflit du peuple et de l’armée, dont il ne fallait pas réveiller le souvenir ; mais contre qui le peuple, soutenu par les gardes françaises, avait-il été engagé, dans les rues, sur les places de Paris, durant les deux journées qui ont précédé le 14 juillet ? Qu’est-ce qu’il y avait autour de Paris et surtout dans Paris ? De l’infanterie suisse, de la cavalerie allemande, de la cavalerie hongroise, dix régiments étrangers, peu de troupes françaises, et c’est contre ces régiments étrangers que les gardes-françaises avaient défendu le peuple et l’Assemblée.

Laissons donc ces souvenirs qui ne sont pas ceux d’une vraie guerre civile.

Il y a eu ensuite, au 14 juillet, il y a eu du sang versé, quelques actes déplorables ; mais, hélas ! dans tous les grands événements de l’histoire, les progrès ont été jusqu’ici achetés par bien des douleurs, par bien du sang. Espérons qu’il n’en sera plus ainsi dans l’avenir. (Très bien ! à gauche. - Interruptions à droite.)

A droite. Oui, espérons !

M. Hervé de Saisy. Nous n’en sommes pas bien sûrs !

M. le rapporteur. Nous avons le droit de l’espérer. Mais n’oubliez pas que, derrière ce 14 juillet, où la victoire de l’ère nouvelle sur l’ancien régime fut achetée par une lutte armée, n’oubliez pas qu’après la journée du 14 juillet 1789 il y a eu la journée du 14 juillet 1790. (Très-bien ! à gauche.)

Cette journée-là, vous ne lui reprocherez pas d’avoir versé une goutte de sang, d’avoir jeté la division à un degré quelconque dans le pays, Elle a été la consécration de l’unité de la France. Oui, elle a consacré ce que l’ancienne royauté avait préparé.

L’ancienne royauté avait fait pour ainsi dire le corps de la France, et nous ne l’avons pas oublié ; la Révolution, ce jour-là, le 14 juillet 1790, a fait, je ne veux pas dire l’âme de la France, - personne que Dieu n’a fait l’âme de la France, - mais la Révolution a donné à la France conscience d’elle-même (Très-bien ! sur les mêmes bancs) ; elle a révélé à elle-même l’âme de la France. Rappelez-vous donc que ce jour-là, le plus beau et le plus pur de notre histoire, que d’un bout à l’autre du pays, les Pyrénées aux Alpes et au Rhin, tous les Français se donnèrent la main. Rappelez-vous que, de toutes les parties du territoire national, arrivèrent à Paris des députations des gardes nationales et de l’armée qui venaient sanctionner l’œuvre de 89. Rappelez-vous ce qu’elles trouvaient dans ce Paris : tout un peuple, sans distinction d’âge ni de sexe, de rang ni de fortune, s’était associé de cœur, avait participé de ses mains aux prodigieux préparatifs de la fête de la Fédération ; Paris avait travaillé à ériger autour du Champ-de-Mars cet amphithéâtre vraiment sacré qui a été rasé par le second empire. Nous ne pouvons plus aujourd’hui convier Paris et les départements sur ces talus du Champ-de-Mars où tant de milliers d’hommes se pressaient pour assister aux solennités nationales.

M. Lambert de Sainte-Croix. Il faut faire dire une messe !

M. le rapporteur. Nous trouverons moyen de remplacer le Champ-de-Mars. Un peuple trouve toujours moyen d’exprimer ce qu’il a dans le cœur et dans la pensée ! Oui, cette journée a été la plus belle de notre histoire. C’est alors qu’a été consacrée cette unité nationale qui ne consiste pas dans les rapports matériels des hommes, qui est bien loin d’être uniquement une question de territoire, de langue et d’habitudes, comme on l’a trop souvent prétendu. Cette question de nationalité, qui a soulevé tant de débats, elle est plus simple qu’on ne l’a faite. Elle se résume dans la libre volonté humaine, dans le droit des peuples à disposer de leur propre sort, quelles que soient leur origine, leur langue ou leurs moeurs. Si des hommes associés de sentiments et d'idées veulent être frères, ils sont frères. Contre cette volonté, la violence ne peut rien, la fatalité ne peut rien, la volonté humaine y peut tout. Ce qu’une force fatale a fait, la libre volonté le défait. Je crois être plus religieux que personne en proclamant cette puissance et ce droit de la volonté humaine contre la prétendue force des choses qui n’est que la faiblesse des hommes. (Très-bien ! très-bien à gauche.)

Si quelques-uns d’entre vous ont des scrupules contre le premier 14 juillet, ils n’en ont certainement pas quant au second. Quelles que soient les divergences qui nous séparent, si profondes qu’elles puissent être, il y a quelque chose qui plane au-dessus d’elles, c’est la grande image de l’unité nationale, que nous voulons tous, pour laquelle nous nous lèverions tous, prêts à mourir, si c’était nécessaire. (Approbation à gauche.)

M. le vicomte de Lorgeril. Et l’expulsion de demain ? (Exclamations à gauche.)

M. le rapporteur. Oui, je ne doute pas que ce soit là un sentiment unanime, et j’espère que vous voterez unanimement cette grande date qu’aucune autre ne saurait remplacer ; cette date qui a été la consécration de la nationalité française et qui restera éternellement gravée dans le cœur des Français.

Sans doute, au lendemain de cette belle journée, les nuages s’assemblèrent de nouveau, la foudre en sortit : la France, en repoussant d’une main l’étranger, se déchira de l’autre main, mais, à travers toutes les calamités que nous avons subies, à travers tous ces courants d’action et de réaction qui ont si longtemps désolé la France, cette grande image et cette grande idée de la Fédération n’ont pas cessé de planer sur nos têtes comme un souvenir impérissable, comme une indomptable espérance.

Messieurs, vous consacrerez ce souvenir, et vous ferez de cette espérance une réalité. Vous répondrez, soyez-en assurés, au sentiment public, en faisant définitivement du 14 juillet, de cette date sans égale qu’a désignée l’histoire, la fête nationale de la France. (Applaudissements à gauche.)

Rapport

fait au nom de la commission chargée d’examiner le projet de loi, adopté par la Chambre des députés, ayant pour objet l’établissement d’un jour de fête nationale annuelle, par M. Henri Martin, sénateur.

Messieurs, le Sénat a été saisi d’une proposition de loi votée, le 10 juin dernier, par la Chambre des députés, d’après laquelle la République adopterait la date du 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle.

La commission, qui m’a fait l’honneur de me nommer son rapporteur, a délibéré sur le projet de loi dont vous avez bien voulu lui confier l’examen.

Deux de nos collègues ont combattu, non la pensée d’une fête nationale, mais la date choisie pour cette fête. Ils ont proposé deux autres dates, prises dans l’histoire de la Révolution, et qui, toutes deux, avaient, suivant eux, l’avantage de ne rappeler ni luttes intestines, ni sang versé. L’un préférait le 5 mai, anniversaire de l’ouverture des Etats généraux en 1789 ; l’autre recommandait le 4 août, dont la nuit fameuse est restée dans toutes les mémoires.

La majorité, composée des sept autres membres de la commission, s’est prononcée en faveur de la date votée par la Chambre des députés. Le 5 mai, date peu connue aujourd’hui du grand nombre, n’indique que la préface de l’ère nouvelle : les Etats généraux n’étaient pas encore l’Assemblée nationale ; ils n’étaient que la transition de l’ancienne France à la France de la Révolution.

La nuit du 4 août, bien plus caractéristique et plus populaire, si grand qu’ait été le spectacle qu’elle a donné au monde, n’a marqué cependant qu’une des phases de la Révolution, la fondation de l’égalité civile.

Le 14 juillet, c’est la Révolution tout entière. C’est bien plus que le 4 août, qui est l’abolition des privilèges féodaux ; c’est bien plus que le 21 septembre, qui est l’abolition du privilège royal, de la monarchie héréditaire. C’est la victoire décisive de l’ère nouvelle sur l’ancien régime. Les premières conquêtes qu’avait values à nos pères le serment du Jeu de Paume étaient menacées ; un effort suprême se préparait pour étouffer la Révolution dans son berceau ; une armée en grande partie étrangère, se concentrait autour de Paris. Paris se leva, et, en prenant la vieille citadelle du despotisme, il sauva l’Assemblée nationale et l’avenir.

Il y eut du sang versé le 14 juillet : les grandes transformations des sociétés humaines, - et celle-ci a été la plus grande de toutes, - ont toujours jusqu’ici coûté bien des douleurs et bien du sang. Nous espérons fermement que, dans notre chère patrie, au progrès par les Révolutions, succède, enfin ! le progrès par les réformes pacifiques.

Mais, à ceux de nos collègues que des souvenirs tragiques feraient hésiter, rappelons que le 14 juillet 1789, ce 14 juillet qui vit prendre la Bastille, fut suivi d’un autre 14 juillet, celui de 1790, qui consacra le premier par l’adhésion de la France entière, d’après l’initiative de Bordeaux et de la Bretagne. Cette seconde journée du 14 juillet, qui n’a coûté ni une goutte de sang ni une larme, cette journée de la Grande Fédération, nous espérons qu’aucun de vous ne refusera de se joindre à nous pour la renouveler et la perpétuer, comme le symbole de l’union fraternelle de toutes les parties de la France et de tous les citoyens français dans la liberté et l’égalité. Le 14 juillet 1790 est le plus beau jour de l’histoire de France, et peut-être de toute l’histoire. C’est en ce jour qu’a été enfin accomplie l’unité nationale, préparée par les efforts de tant de générations et de tant de grands hommes, auxquels la postérité garde un souvenir reconnaissant. Fédération, ce jour-là, a signifié unité volontaire.

Elles ont passé trop vite, ces heures où tous les coeurs français ont battu d’un seul élan ; mais les terribles années qui ont suivi n’ont pu effacer cet immortel souvenir, cette prophétie d’un avenir qu’il appartient à nous et à nos fils de réaliser.

Votre commission, pénétrée de la nécessité de donner à la République une fête nationale ;

Persuadée par l’admirable exemple qu’a offert le peuple de Paris le 30 juin 1878, que notre époque est capable d’imprimer à une telle fête un caractère digne de son but ;

Convaincue qu’il n’est aucune date qui réponde comme celle du 14 juillet à la pensée d’une semblable institution,

Votre commission, messieurs, a l’honneur de vous proposer d’adopter le projet de loi voté par la Chambre des députés.

L’un de nos collègues avait pensé qu’il serait utile d’ajouter la qualification de légale à celle de nationale que la Chambre des députés a appliquée à la fête du 14 juillet, et ce afin de préciser les conséquences juridiques qui découleront de l’adoption de la présente loi.

Comme une fête consacrée par une loi est nécessairement une fête légale, votre commission a pensé que cette addition n’avait point d’utilité, et qu’il n’y avait pas lieu de modifier la rédaction du projet de loi qui vous est présenté ainsi qu’il suit.

Projet de loi

Article unique. - La République adopte le 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle.

Programme de la fête nationale du 14 juillet 1880

Distribution de secours aux indigents. Grands concerts au jardin des Tuileries et au jardin du Luxembourg. Décorations de certaines places, notamment de la place de la Bastille et de la place Denfert où l’on verra le fameux Lion de Belfort qui figurait au Salon de cette année, monument élevé au colonel Denfert-Rochereau, de glorieuse mémoire - illuminations, feux d’artifices - ajoutons les fêtes locales, comprenant des décorations, des trophées, des arcs de triomphe et le tout organisé par les soins des municipalités de chaque arrondissement avec le concours des habitants.

Deux cérémonies importantes doivent dominer toute la fête : la distribution des nouveaux drapeaux à l’armée et l’inauguration, sur l’ancienne place du Château d’eau, du monument surmonté de la figure de la République, monument qui a fait l’objet d’un concours ouvert l’année dernière par la Ville de Paris.



vendredi 12 juillet 2013

Il était une fois...la colo.






Billet édité le 30 Juillet 2010

Préambule

Je ne mets pas en avant mes trois enfants dans mes activités politiques,ils ne sont donc pas nommés, ni visibles sur mon blog.
Je n'y mêle pas non plus mes appartenances et engagements associatifs, donc je ne cite pas, ou très exceptionnellement, les associations auxquelles j'appartiens, dans lesquelles je milite.
L'éducation, l'épanouissement des enfants et le bénévolat, (même indemnisé dans le cas de l'animation volontaire) sont des thèmes qui me tiennent particulièrement à cœur. Thèmes éminemment politiques pour moi.


Il était une fois...la colo.

Imaginez un coin de nature, montagneuse, préservée.
Une vallée, à moins d'une heure de la mer, dans laquelle j'ai fais mes premières randonnées, alors que j'étais un très jeune enfant. Des images et des souvenir gravés à jamais, dans ma mémoire... La frontière passée plusieurs fois, le jour pas encore levé, la boulangerie, ses odeurs et la vendeuse surpris de me voir, si petit, debout avant l'aube.
Des enfants impatients de se servir de la gourde, de la lampe de poche, qui auront leur casquette vissée sur la tête, du premier au dernier jour.
Deux semaines sans télévision, sans ordinateur, sans téléphone portable.
Un séjour hors de la maison, sans les parents (et on s'endort quand même le soir !) avec de nouveaux copains. Là, des animateurs, ni parents, ni grands frères, mais oh combien protecteurs. Tour à tour pitres, guides (les puristes diront "référents"), arbitres et consolateurs, ils font faire un grand pas à nos petites têtes blondes (là, je brouille les pistes), au prix de l'exercice d'une sacrée responsabilité, de journées de parfois 18 h !
Il faut alors visualiser une joyeuse troupe, emmenée chaque jour dans l'histoire farfelue d'un personnage qui a perdu sa famille, encore bien plus farfelue que notre héroïne, fil rouge du séjour.
Ma surprise fut immense, alors que le 2ème jour de colo, par téléphone, mon ainée me raconte tout cela, aussi directement que l'aventure dans laquelle elle avait embarqué, à peine le train quittait le quai. Magie des déguisements, des saynètes improvisées, du plaisir partagé de l'imaginaire nourri. "Favoriser l'imaginaire et le sens de la fête !" Idée force d'un projet pédagogique fort.
Au gré des ballades, des jeux, d'une pincée d'activité sportives de pleine nature, la petite bande fait connaissance. mange, dort, joue, rit, chante, marche, lit, ...

Si j'ai décidé de faire ce billet, alors que la flemme de juillet explique l'espacement de mes écrits, c'est que j'ai été très ému de découvrir les dizaines de photographies que l'équipe d'animation a remis à chaque enfant sur un cd-rom. Prés de 200 photographies en fait, la plupart magnifiques. Descriptives de cette épopée de vie en collectivité et de partage, au cœur d'une collectivité d'accueil, un village de montagne avec une histoire associative pleine de sens.
Mon émotion: chantonner dans la voiture qui nous ramène à la maison, puis à table ce soir, en famille "Morgane de toi", "Si c'est vrai qu'il y a des gens qui s'aiment.." ou "l'homme de Cro-magnon". Mais aussi la joie perceptible sur les images, des enfants, à pratiquer chaque activité, les jeux simples, les soirées animées avec les grands standards de la colo : la soirée casino (oui, on dit "veillée"!) mais aussi le théâtre d'ombre, qui me demandait tant de travail pour sensibiliser et former techniquement les animateurs stagiaires, pour espérer un rendu féerique. Vous avez fabriqué des pizzas géantes avec des copains, du côté de vos 8 ou 10 ans, déguisé en chevalier, que l'animateur, lui aussi déguisé en chevalier, enfourne dans un grand four à bois ?
A chaque série de photos, je n'en revenais pas de voir la quantité de costumes et d'accessoires que l'équipe d'encadrement avait acheminé sur ce séjour de vacances, alors que je sais bien qu'aucune collectivité ne peut se permettre d'investir, et d'en entretenir autant. L'investissement personnel et désintéressé des animateurs se mesure là aussi. Je regrette mes malles.

En quelques mots de conclusion, provisoire

Un petit groupe.Un lieu magique. Des animateurs expérimentés et généreux. Une guitare. La relation primant sur l'activité, qui reste un support. Comme ses activités manuelles, d'expression manuelles, qui révèlent le pompon comme un objet de luxe, le crépon comme la soie de l'animateur.Avec une association qui, au fil d'une soixantaine de centre de vacances à perpétué le partage de valeurs simples et vraies. En évoluant.
Les colonies de vacances sont nées il y a plus de 120 ans avec un rôle essentiellement sanitaire. Exode rurale et révolution industrielle, misère dans les grandes villes. Elles risquent de mourir.Travesties en "accueil de loisirs avec hébergements".Sacrifiées sur l'hôtel des coûts, des responsabilités que peu veulent encore endosser.
Les défis éducatifs et sociaux de notre société (mal en point ?) nous demanderons de les ré-inventer bientôt.

Il était une fois un papa heureux, qui languissait de retrouver ses loulous, mais était bien content de leur permettre de vivre ces aventures qui l'ont certainement construit. Un papa fier d'entendre que son rejeton n'aime pas perdre dans les jeux, comme son papa à son âge ! Oui, mon fils cherche de nouvelles rivières pour construire des barrages, et des moulins. Des choses simples.

Merci les anim', reposez vous bien.


C'est les rêves, c'est les rêves qui font grandir les enfants,
C'est les rêves, c'est les rêves qui font grandir les enfants, mais pas trop pourtant,
Dors Amandine, tu seras marine, dors Nicolas, sera pas soldat.
Les rêves poussent, graines sous la mousse,
Mais ils ne sont, pas plus grand qu'un limaçon...


lundi 1 juillet 2013

Samedi 6 Juillet, 4ème Vente aux enchères du Lions Club Nice Masséna



Le Lions Club Nice Masséna organise Samedi 6 Juillet à la Maison des Associations - Place Garibaldi, Nice, pour la 4ème édition une Vente aux enchères de Bijoux, Vins et Mobiliers et œuvres d'Art sous le parrainage de l'artiste Niçois Patrick MOYA.

Les bénéfices récoltés participeront à l'achat et à la formation d'un Chien Guide d'Aveugle.

L'exposition des lots se fera le jour même à partir de 10 heures et sera suivie à 14 heures de la vente sous le contrôle de Maitre Gilles Carvajal, Commissaire priseur à Antibes.

Les amateurs de vins seront notamment comblés: quelques grands flacons (Salmanazar & Jéroboams), des Bordeaux & Bourgogne à petits prix, du er Cru et des Grands Crus à des rapports qualité prix inégalés mais également du très haut de gamme et rare avec notamment une Bouteille de Château Cheval Blanc Grand Cru Classé seront proposés à l'occasion de cette vente.

Même constat pour les lots "Bijoux" et "Objets d'Art ou de Collection". Vous retrouverez des prix vraiment cassés sur de nombreux bijoux mais également des objets ou lots insolites (un baptême de l'air en Hélicoptère avec une mise à prix d'1 euro ) ou très recherchés ( une BD des années 60 de Lucky Luke dédicacée par Morris...) à tous les prix.

Merci à nos partenaires " Les Chiens Guides d'Aveugles de Provence Côte d'Azur Corse " et la Mairie de Nice pour leur soutien. Nous comptons sur vous pour relayer l'information au maximum mais également sur votre présence le jour de la vente !

RECTO.JPG


lundi 24 juin 2013

Regard en arrière- "Crise chez les travailleurs sociaux." 4 années plus tard. Et l'actualité.


L'actualité, un plan social du côté de mon association employeur, la fermeture du service "Actes jeunes" récemment, du service "Entr'Actes" à Nice en septembre dernier, une coupe très importante de subvention pour les Foyers de Jeunes Travailleurs à Nice, Antibes, Cannes et Valbonne, des menaces plus ou moins précises sur la prévention spécialisée...me poussent à publier de nouveau ce billet qui date déjà de plus de quatre années. Merci au moteur de recherche (là, à droite, en bas, par "mots-clés")

En bas de ce billet, je vous offre quelques mots d'actualisation et de commentaires...

A tout de suite.

Crise chez les travailleurs sociaux.
Par Fabien Bénard le mardi 17 février 2009, 23:57 - Bien vu. - Lien permanent

Préambule : Un billet un peu particulier, difficile pour moi. Je vais essayer de ne pas me tromper de casquette. La convention collective dite "66" qui est en vigueur dans un grand nombre d'établissements sanitaires et sociaux est en cours de renégociation. C'est bien d'un point de vue politique que je vais aborder la question, sans oublier que mon métier d'éducateur occupe quand même une bonne partie de mon temps, fait "bouillir la marmite", et ce depuis près de 15 ans.

Alors, quelle crise chez les travailleurs sociaux ?

La convention collective 66 est la dernière à être discutée, bousculée par les propositions des syndicats employeurs du secteur du "travail social" ou de l'éducation spécialisée. Après celle des centres de lutte contre le cancer (CLCC) en 99, la convention collective 1951 (FEHAP) et la convention Croix Rouge en 2003, voici le tour de la Convention du 15/03/1966. Celle-ci régit le cadre de travail des salariés des associations de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence (Snasea), des organismes privés sanitaires et sociaux à but non lucratif (SOP) et des associations de parents et amis employeurs et gestionnaires d’établissements et services pour personnes handicapées mentales (Fegapei). Les propositions de ces 3 syndicats employeurs présentent des reculs importants concernant notamment les métiers et leurs spécificités, les garanties collectives (atteinte au fait collectif dans le travail) et l’organisation des salaires pour les employés du secteur. Je ne parle même pas de la crise de sens que traverse en permanence chaque acteur œuvrant dans le champ des détresses sociales, de l'inadaptation, des handicaps. A quoi je sers ? Le regard de la société sur les personnes handicapées changera-t'il ? Sommes-nous des agents du contrôle social ?...

Mon questionnement à ce jour :

Sans rentrer davantage dans les détails, la première question qui me vient à l'esprit est la pertinence de remettre en question aujourd'hui ces accords sociaux, négociés au fil de l'histoire du développement de ce secteur. La pénibilité de certaines de nos tâches quotidiennes, la complexité pour répondre aux besoins immenses et variés des publics les plus en difficultés et le manque d'attractivité de certains de nos emplois (éducateur d'internat pour adolescents, par exemple) semblent occultés par les collectifs d'employeurs. Les financeurs, État, Assurance maladie ou Conseils généraux ont bien compris où réaliser quelques économies futures. Pas tout de suite, assurent-ils, mais bientôt, je n'en doute pas. La crise va toucher de plein fouet les publics, nombreux, les plus fragiles: est-ce le moment de s'attaquer aux travailleurs sociaux ? A l'heure d'une crise financière, puis économique sans précédents depuis des décennies, c'est une crise de sens qui se propage dans nos sociétés.En première ligne, les éducateurs, qui n'ont jamais été des privilégiés corporatistes, vont devoir faire plus avec moins de moyens. En effet, tandis que les "progressions" de carrières à l'ancienneté sont remises en cause, les budgets de nos établissements et services sont eux aussi en sursis, avec une menace latente de coupes sombres, habillées de "contrats pluriannuels d'objectifs et de moyens". La réalité profonde est la pression du secteur privé marchand et des grandes organisations patronales classiques, qui se satisferaient bien de voir transférer une grosse part des activités sociales vers une offre de services marchands. Ce n'est pas difficile, il suffit de solvabiliser la demande. Alors le social, qui n'est pour certains qu'un "coût" deviendrait un produit comme les autres. Qui a déclaré il y a une quinzaine de jours, à la tête de son exécutif local: "le seul social que je connaisse, c'est l'investissement et l'emploi "? Ah, qu'il est facile d'oublier que le premier poste budgétaire de la collectivité locale que l'on vient de quitter, ...était le social!

Dernier chapitre

Compétences validées et qualifications remises en cause (spécificités des métiers et formations niées), rémunération à parts variables pour des emplois organisés par des "critères classants", gestion individualisée des carrières, congés spéciaux supprimés, voilà plus d'une raison de se mettre en grève et de manifester.(jeudi 10h, CADAM)

Epilogue, provisoire: Si vous n'avez rien compris à mon billet, revenez demain ou découvrez le site du collectif 06 pour défendre la convention 66. Je ne ferais pas grève, jeudi, mais je ne serais jamais loin de mes collègues, au service de "notre public" en difficultés. En espérant que les syndicats sauront un jour se remettre en question (informations trop réduites), et que l'ensemble de mes "collègues" ne perdront jamais de vue leur éthique professionnelle, avec aussi, des droits et des devoirs. N'est-ce pas ce que nous tentons de faire passer aux plus faibles de notre société ?



Tiens voilà que je me cite moi-même. L'âge, l'expérience, la sagesse ou une auto-satisfaction bien mal placée ? Ou bien, mon chemin d'engagement, les analyses que l'on m'offre depuis plusieurs années, alors-même que je me suis mis en situation d'observateur/acteur de la Politique et du social, tout cela porte ses fruits.

Bon, l'actualisation promise:

Dans cet article du 17 février 2009, Christian Estrosi que j'évoque sans le citer, vient de laisser sa place au CG. Rien à retirer de mon billet. Il est complétement actuel. Avons nous gagner 4 ans, ou alors le monde marchand a t-il gardé le médical comme proie et poire pour la soif ?
Je fais toujours de la politique ou un truc comme ça. De la Politique en amateur (sans mandat électif). Les gens ne savent pas ce qu'ils ratent. J'ai pensé arrêter, en juin 2012, en me donnant trois mois de réflexion.

Par contre, ceux qui me connaissent savent que depuis trois années, j'ai pris d'autres responsabilités, au cœur de l'économique totalement couplé au social. Ou le contraire. C'est peut être bien du social totalement imbriqué dans les réalités économiques. Puisque j'ai étais conduit la première année à licencier (en tant qu'employeur bénévole) six collaborateurs pour sauver cinq emplois, et ensuite en recréer quatre.

Quand à mon avis sur les syndicats, croyant ne pouvoir les changer, je me suis résigné à les aider à s'amender. De l'intérieur. Vieille pub de "Pantashop" en tête, si les syndicats n'existaient pas il faudrait les inventer." Ils sont si peu représentatifs, si maigres en troupes. Et pourtant si utiles car chaque pouvoir grandit avec de bons et beaux contre-pouvoirs face à lui. C'est peut-être là aussi que l'on voit la dérive individualiste de notre société. La destruction des phénomènes et des mouvements collectifs structurés. Le fait militant cantonné aux musées et dans les encyclopédies ouvrières que certains s’échinent à écrire. Il y a une manifestation jeudi matin au CADAM, la Préfecture de Nice et des Alpes-Maritimes. Et un vote par 52 Conseillers généraux d'une Délibération Modificative du Budget 2013.
Le champ du handicap n'est pas touché de la même manière, il est question de se recentrer sur les compétences obligatoires de collectivités locales qui n'ont pas moins de problèmes de dette, de trésorerie, de budget, que l’État, où beaucoup de français.

Bon, je viens de me faire un sang d'encre (donc mieux vaut écrire, c'est moins douloureux) à tenter d'expliquer à certains de mes collègues qu'il fallait rester sereins, et montrer de la solidarité aux plus exposés d'entre nous par les licenciements et reclassements. Car la force d'une chaîne ne peut être égale qu'à la force de son plus faible maillon. (si, c'est aussi simple que cela.)
Voilà ma nouvelle conclusion provisoire: notre société* doit prendre toujours garde à veiller à ses jeunes , à ses enfants, ces maillons les plus fragiles et les plus prometteurs aussi, comme ces bambins, hébergés dans un hôtel quelque part en France, par l'Aide Sociale à l'Enfance et aux familles, avec leurs mamans. Deux sont morts, deux reçoivent des soins, une seule petite fille est totalement saine et sauve. Ils voulaient jouer à pêcher au bord d"un étang, samedi, en poussant plus loin l'aventure de leurs jeux au-delà du parking.
Moi qui ai grandi bercé par les airs de Dutheil, "Prendre un enfant par la main" ou "Le petit pont de de bois", qui depuis vingt cinq ans joue, fait jouer des têtes blondes (et brunes), je suis bouleversé par cet accident. Notre responsabilité est collective, la solution est à trouver et agir ensemble.
Soutenons, éduquons !

Notre société doit le faire à n'importe quel prix !

  • et les parents...


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