Regards et politique, le blog de Fabien Bénard

mardi 14 février 2012

"Peut-on émettre des critiques sur les politiques du gouvernement dans une démocratie ?" Par Macaire Dagry



Peut-on émettre des critiques sur les politiques du gouvernement dans une démocratie ?

Dans toutes les démocraties du monde, les avis et critiques de l’opposition, de la société civile et des médias dans leur ensemble, constituent les fondements d’un système démocratique et garantissent l’équilibre des forces en présence.

Avec le système présidentiel dans lequel évolue la plupart des Etats africains, la constitution donne un large pouvoir au chef de l’Etat et le rend de fait, « tout puissant ». Dans tous les pays du monde où ce régime est en vigueur, la dictature s’est confortablement installée au mépris de la démocratie, à l’exception peut-être des Etats-Unis d’Amérique. Ce régime présidentiel impose en théorie, selon les constitutions, une séparation stricte des pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires afin de permettre un équilibre des rapports de force. Ce qui n’est pas toujours le cas dans la réalité, notamment en Afrique. De manière générale, partout sur le continent, le chef d’état règne de manière absolue sur toutes les institutions du pays et sans réel contre-pouvoir crédible. Cette réalité pose de fait la question de la pertinence de ce régime avec toutes les dérives que cela peut comporter. Jusqu’à présent, partout sur le continent (y compris dans les autres dictatures), l’exécutif ne subit aucun contrôle ni du parlement, ni d’une quelconque institution chargée de vérifier les comptes publics ou les services de l’Etat (si elle existe déjà), ni du conseil constitutionnel dont la mission est de vérifier la conformité des lois au regard de la constitution. La moindre critique fondée et objective envers l’exécutif sur le continent fait planer une menace d’emprisonnement à défaut du pire. On se souvient encore des journalistes qui ont été jetés en prison pour avoir simplement dénoncé des évidences. Et bien d’autres encore, qui ont dû quitter leur pays pour sauver leur vie. Un pouvoir sans opposition politique visible et crédible est une dictature. Cela fragilise et discrédite de fait l’Etat et la démocratie qu’il incarne ou souhaite incarner. Une opposition forte et responsable est un signe de bonne santé d’une démocratie. Le chef de l’Etat a même tout intérêt à favoriser sa représentativité, son importance et lui donner toute sa place dans le jeu démocratique afin que son pouvoir soit crédible. De la même manière, la société civile et les médias ont un rôle déterminant à jouer dans l’émergence et la construction d’un Etat démocratique avec des institutions fortes et indépendantes. Mais, cela suppose une indépendance réelle et totale des médias y compris des médias d’Etat afin qu’ils soient crédibles vis-à-vis de la population. On peut saluer par exemple le courage de la Radio Télévision Ivoirienne (RTI), qui dans l’analyse du discours de vœux du Président de la République de Côte d’Ivoire à la nation, s’est demandée jusqu’où peut aller le président de la République dans son souhait de mettre en place des conditions pour favoriser l’émancipation des femmes ? Ce média d’Etat s’est aussi demandé si le chef de l’Etat peut également réaliser son souhait de 30% de représentativité de femme au gouvernement dans son désir de voir la femme jouer un rôle important dans cette nouvelle Côte d’Ivoire qu’il souhaite reconstruire avec elles. En faisant simplement leur métier de journaliste, ce média a également précisé que la gestion des FRCI reste la principale problématique du chef d’Etat en dépit des nombreuses réalisations faites en sept mois de pouvoir.

Si les médias d’Etat ne peuvent pas émettre des critiques, des avis ou des réserves sur les politiques, communications ou actions du gouvernement sous prétexte qu’ils sont financés par l’exécutif, ces médias ne font pas alors du journalisme, mais de la communication pour le pouvoir en place. Si les médias d’Etat ne se donnent pas les moyens d’acquérir une indépendance indispensable pour faire du journalisme, émettre des critiques, ou dénoncer les erreurs ou faiblesses de l’exécutif, on ne peut pas demander aux médias engagés politiquement d’émettre des critiques objectives sur les actions du gouvernement. Pour les médias proches du pouvoir, «tout est juste et parfait». Et pour ceux de l’opposition, «aucune action de l’exécutif n’est bonne». Alors, cela laisse de fait, un espace pour des critiques objectives, argumentées et constructives dans un État qui se veut démocratique, espace que tente d’exploiter à juste titre « l’Eléphant déchainé » en Côte d’Ivoire, sur le modèle du « Canard Enchainé » en France.

Macaire Dagry

macairedagry@yahoo.fr

mercredi 8 février 2012

François Bayrou progresse, s'impose. Mon analyse...


Hier soir sur TF1, il l'a encore prouvé, sortir des polémiques et des questions de personnes est une des forces de Bayrou."Le bateau coule. Il est temps de dire: les naufrageurs, dehors!"
Il appelle les gens par leur intelligence. Son humour et ses mots d'esprit ne gâchent rien non plus ! Sa stature présidentielle n'est plus à démontrer.Il fonde son projet sur constats, méthodes et moyens. Quand François Bayrou reprend l'idée de l'ancien chancelier allemand qui avait pris des mesures exigeantes pour son pays, et prend le cap de l'Agenda 2012-2020, parce que "Gouverner c’est prévoir. Gouverner, c’est vouloir !" , d'autres se montrent avec Mme Merkel, comme exhibant un trophée, ou le fruit de négociations dont nous devinons les contre-parties.

La route est encore longue mais a chacune de ses interventions il rallie de nouveau partisans. Nous voulons que François Bayrou reste constant et tout sera possible. Comme le démontrent des sondages, que les "Partis Provisoirement au Pouvoir" commandent mais que les journalistes évitent de commenter.

Désormais, chacun de nous à un rôle à décisif à jouer !

lundi 6 février 2012

Café démocrate " Une politique étrangère …pour le moins étrange!"




BHL, Guéant, Guaino, Sarkozy ou Juppé : Qui conduit la politique étrangère de la France ? Quelle est la politique étrangère de la France depuis 2007 ?

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La discussion commence sur la page de l'évènement !

dimanche 5 février 2012

Les 30 orientations pour l'école de François Bayrou


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1ère orientation : il faut un contrat de progrès entre l'école et la nation. Ce contrat doit garantir les moyens existants et en même temps préciser les objectifs que la nation assigne à l'école. Le progrès que nous nous assignons doit être vérifiable par tous, c'est pourquoi je fixe un objectif que, dans les cinq ans, l'école française entre, j'aurais dû écrire rentre, dans les dix premiers du classement international pour la compréhension de l'écrit, le calcul, les connaissances scientifique et la lutte contre les disparités sociales.

2ème orientation : au lieu d'être dans la "réformite" perpétuelle. Il faut un plan de progrès continu, inscrit dans le long terme pour vraiment changer les choses. Il faut cesser d'aller de fausses réformes en fausses réformes qui ne changent rien sur le fond mais déstabilisent perpétuellement l'Éducation nationale et, en même temps, le moral, la confiance professionnelle des enseignants et des parents. C'est de la fausse monnaie et il faut que cette fausse monnaie soit écartée.

3ème orientation : il faut refaire de l'école, j'allais dire à tout prix, un lieu d'où la violence est exclue et où le respect est la règle entre élèves et enseignants, à l'égard des enseignants et dans la cour de récréation.

4ème orientation : il faut restaurer la confiance de la nation dans ses enseignants. Au contraire de tous ceux qui se présentent à cette élection, je ne suis pas favorable à ce que l'on remette en cause le décret qui définit le statut des enseignants. La définition du temps de travail est légitime. Il peut être réaménagé sur la base du volontariat, on peut faciliter, si on le souhaite, une présence plus importante dans l'établissement par exemple en construisant des bureaux, mais les procès perpétuels contre les enseignants sur le temps de travail doivent cesser.

5ème orientation : les concours de recrutements nationaux sont la voie la plus républicaine et la plus légitime pour sélectionner les enseignants du second degré. Ils sont anonymes, ils sont justes et permettent de juger réellement de la qualité d'une génération de candidats. Ils font partie de la fierté des corps d'enseignants en leur garantissant une légitimité. Je défendrai les concours de recrutements nationaux.

6ème orientation : la reconstruction d'une année de formation en alternance avec exercice dans la classe et transmission de l'expérience d'autres enseignants est impérative et étroitement liée au contrat de progrès dans l'Éducation nationale. Il s'agit du moyen et du seul moyen de familiariser les enseignants recrutés et débutant avec l'expérience de leurs collègues plus expérimentés et plus assurés. Il s'agit d'armer les jeunes enseignantes et de leur faire ainsi gagner des années d'expérience. Reconstruction d'une année de formation.

7ème orientation : la notation pédagogique des enseignants doit être assurée par des évaluateurs (corps d'inspection ou autres), expérimentés, de la même qualification au moins, de la même discipline que celui qui est ainsi évalué et non par le chef d'établissement étranger à la discipline enseignée. Au demeurant il n'y a rien à changer à l'équilibre actuel. Le chef d'établissement évalue déjà les capacités et les qualités des enseignants, individuellement, et son évaluation représente 40 % de la note attribuée. J'ajoute que plus on trouvera d'éléments objectifs pour assurer l'évaluation et plus j'approuverai cette évaluation. Je vois même des chefs d'établissements qui applaudissent, c'est dire à quel point cette réflexion mérite d'être soutenue !

8ème orientation : arrêter avec les surcharges administratives, la multiplication des réunions, l'avalanche des livrets de compétences. À l'école comme dans tous les autres secteurs d'activité, la surcharge paperassière étouffe, asphyxie et ne sert à rien. J'ajoute que je voudrais que l'on arrête aussi avec l'avalanche de circulaires de toute nature.

9ème orientation : d'abord les bases et les bases d'abord. Il n'est aucune chance de réussite pour un élève qui n'a pas la maîtrise des fondamentaux. Je proposerai que, tant que cela est nécessaire, 50 % du temps scolaire à l'école primaire soit consacré à la maîtrise de l'écrit qu'on on dit actif et passif, et à la langue française en sa beauté à découvrir, en ce qu'elle peut exprimer de nuances, de richesses, en son vocabulaire. C'est un bagage pour la vie. 50 % du temps scolaire consacré à la langue française à l'école primaire. Je vois même des mathématiciens qui applaudissent ! C'est dire à quel point cela mérite d'être soutenu !

10ème orientation : les principales difficultés des élèves très jeunes sont psychoaffectives. Elles ne sont pas, pour la plupart du temps d'ordre pédagogique ou de l'ordre des capacités, comme on le dit. Les repérer tôt par une formation et un réseau adapté, c'est donner une chance de les résoudre soit au sein de l'école soit par l'intervention, plus souvent encore, de pédopsychiatres. Je trouve que ce repérage précoce des difficultés souvent affectives des élèves est un service à leur rendre et probablement la stratégie la plus efficace contre l'échec scolaire.

11ème orientation : le premier lieu de l'éducation c'est la famille : favoriser la mise en place -je n'ai pas trouvé de meilleur nom- d'écoles de parents associatives pour aider ceux qui ont des difficultés à accompagner leur enfant, me paraît là une vraie aide, une vraie assistance aussi aux enseignants. J'ai le souvenir, je l'ai déjà raconté à quelques-uns d'entre vous, de cette école maternelle de la banlieue parisienne comme l'on dit "profonde" dans laquelle il y avait de grandes difficultés d'élèves où, notamment, en tout cas à la première approche, on pensait qu'il y avait de très nombreuses nationalités, origines culturelles, langues. Je parlais avec une enseignante et je l'interrogeais sur les difficultés qu'il y a à faire avancer des élèves dont la langue maternelle n'est pas le français et, au bout d'un moment, dans la discussion, elle m'a dit quelque chose qui m'a touché infiniment. Elle a dit : « Mais monsieur, vous savez, le problème, ce n'est pas seulement que pour beaucoup d'entre eux, chez eux, on ne parle pas français, c'est que chez eux, on ne parle pas aux enfants, on croit que les mettre devant l'écran de télévision, cela suffit à les distraire, et c'est cet échange-là qui manque et que nous n'arrivons pas à reconstruire à l'école ». Je dis que s'il y avait un soutien auprès des familles, je ne parle pas de cela avec sévérité… j'ai travaillé comme chacun le sait, pour écrire sur Henri IV, sur le XVIème siècle français. Eh bien, à cette époque, un bébé, un enfant en bas âge, on ne lui parlait pas, on considérait qu'on pouvait le laisser à part dans la maison sans avoir avec lui l'échange que les siècles passés ont produit et nous ont appris à produire… Je crois que simplement raconter, rappeler à toutes les mamans que l'échange avec l'enfant, même s'il ne parle pas encore, c'est le moyen de développer sa sensibilité et ses attentes. Je suis sûr en tout cas, au dire de ces enseignantes, que c'est quelque chose que l'on pourrait apporter qui ne coûterait rien et qui serait d'un formidable appui pour que l'école n'ait pas à reconstruire ce que, dans la famille, on n'a pas réussi à bâtir. École des parents.

12ème orientation : la question des méthodes pédagogiques doit être tranchée non pas par l'idéologie mais par l'évaluation des résultats. Ne croyez pas que comme tous les parents et tous les enseignants je n'ai pas une opinion que je crois solide, à laquelle je suis attaché, nourri par l'expérience, par exemple en matière de méthode de lecture. Je pense que la question des méthodes de lecture devrait être tranchée depuis longtemps : car le clavier avec lequel désormais toute personne vit, ce n'est pas global, c'est lettre par lettre et donc, c'est mon opinion, je ne veux pas l'imposer, mais je veux rappeler que, du son à la lettre, de la lettre à la syllabe, de la syllabe au mot, il me paraît y avoir une démarche qui devrait être désormais indiscutable. Mais c'est une opinion personnelle… que je trouve pertinente… mais que j'accepte comme personnelle. Et je considère que ce n'est ni au gouvernement ni au président de la République de trancher des méthodes d'apprentissage, c'est à la classe, au résultat effectif, à condition qu'aucune méthode ne se voie exclue pour raison idéologique. Et c'est donc par l'évaluation des résultats que l'on doit trancher de la question des méthodes.

13ème orientation : aucun élève ne doit entrer au collège sans qu’il soit garanti qu'il maîtrise la lecture et l'écriture. S'il est en défaut, une pédagogie adaptée doit lui permettre de reconstruire son rapport à l'écrit car le but n'est pas d'exclure, mais d'intégrer les élèves qui autrement seront perdus tout au long de leur scolarité.

14ème orientation : pour prévenir ces échecs, il faut penser le nombre d'élèves par classe en fonction, non pas de normes, mais de la réalité de la classe. À classe difficile petit nombre d'élèves, à classe équilibrée et de bon niveau, plus grand nombre d'élèves. (Là, les applaudissements sont timides !...)

15ème orientation : le collège doit être diversifié. Il est normal et juste que la nation veuille garantir un bagage à tous les enfants, mais ce bagage de connaissances et de méthodes ne peut être apporté dans l'uniformité. Pour un certain nombre d'élèves en situation de rejet de l'école un « collège hors les murs » avec des pédagogies adaptées doit permettre une reconstruction et le retour, s'il le souhaite, à la voie classique. « Collège hors les murs » pour les élèves en rupture.

16ème orientation : dans chaque discipline le "apprendre à apprendre" et le retour assidu aux bases doivent servir de socle. Les programmes doivent être écrits avec les enseignants en imposant la faisabilité sans précipitation et la simplicité de leur énoncé. Je propose qu'un débat parlementaire permette d'exposer à la nation le principe des programmes de son école et leur lisibilité.

17ème orientation : informer les élèves sur ce qu'ils ne maîtrisent pas, par exemple, les codes de comportement, d'habillement, de langage. Les chemins de la confiance en eux- mêmes sont des choses très sensibles mais ce sont des choses qui manquent cruellement à un très grand nombre d'élèves qui sont plongés dans un monde dont ils n'ont pas les clés et pas les codes. Je considère qu'il est du devoir de l'école de la République de les leur proposer, non pas de les leur imposer, mais de les expliquer pour qu’ils comprennent un certain nombre de réactions que le monde a à leur égard où qu'ils ont eux-mêmes à l'égard de ce monde. Démarche sensible mais qui est une démarche de vérité : informer les élèves sur les codes de la société dans laquelle ils vivent.

18ème orientation : les rythmes scolaires doivent être reconstruits. Il n'est pas normal que l'école française soit celle qui concentre le plus d'heures de cours sur le moins de jours de classe. Les horaires des élèves, devoirs compris, ne devraient pas dépasser une charge horaire d'une trentaine d’heures par semaine, ce qui veut dire presque autant que leurs parents. Ceci signifie évidemment un allégement des horaires pour un grand nombre d'élèves. Les heures ainsi gagnées seront utiles aux enseignants pour le travail en commun, et aux établissements pour des programmes au choix qu'ils pourront élaborer.

19ème orientation : les devoirs doivent être faits dans le cadre de l'établissement sous la surveillance de tuteurs, d'enseignants de l'établissement s'ils le souhaitent, d'enseignants à la retraite ou le plus souvent d'étudiants qui recevront une bourse pour se familiariser ainsi avec l'enseignement et servir de grands frères scolaires, de tuteurs ou d'appuis aux élèves plus jeunes. Ces bourses de tutorat doivent être offertes à coût réduit aisément accessible, elles pourront être offertes aussi en complément de leur retraite à des enseignants qui voudront encore servir, elles accroîtront la présence si nécessaire des adultes dans les établissements.

20ème orientation : donner aux chefs d'établissement des possibilités nouvelles par exemple recrutement direct des remplaçants, gestion des volumes d'heures pour organiser des soutiens individualisés ou en petit groupe. Je suis pour que cette autonomie nouvelle permette un meilleur service public au sein des établissements, de l'enseignement secondaire en particulier.

21 et 22ème orientations : L'enseignement professionnel doit reposer non pas sur l'élimination mais sur la vocation par la découverte des métiers, par l'alternance ou l'apprentissage. Et donc information sur les métiers tout au long du collège, découverte des entreprises et des chantiers pour que les élèves découvrent ce que sont ces activités dont ils entendent parler, mais qu'ils n'ont jamais rencontrées. C'était déjà l'idée du stage en troisième que nous avons créé en 1995 et dont tous les élèves et beaucoup d'entreprises sont très heureux.

23ème orientation : il faut un plan de développement de l'apprentissage et de l'alternance. Il faut que nous élucidions cette question : qu'est-ce qui bloque pour les entreprises ? Qu'est-ce qui bloque du côté de l'éducation ? Qu'est-ce qui bloque dans la destination de la taxe d'apprentissage ? Toutes ces questions-là devront être traitées pour que soit élaboré ce plan de développement dont nous avons besoin de l'apprentissage et de l'alternance.

24ème orientation que je risque, avec prudence, avec réserve, à pas de loup et à voix basse : nous souffrons d'une double pénurie de scientifiques et de littéraires et cette double pénurie constatée dans tous les amphithéâtres est à mon sens dommageable pour la nation.

Tout le monde s'accorde à reconnaître que, pour les scientifiques par exemple, cela présage d'une crise des vocations qui est extrêmement lourde. Je pense qu'il faut que nous réfléchissions à l'organisation des baccalauréats et j'avance l'idée, je risque l'idée d'une réflexion sur une nouvelle voie du baccalauréat qui sera un baccalauréat d'excellence générale à la fois littéraire et scientifique. Je pense que l'obligation à choisir entre littéraire et scientifique pour un certain nombre d'élèves est, au fond, un choix trop difficile et qu'ils n'arrivent pas à assumer et que beaucoup d'entre eux, et parmi les meilleurs, voudraient faire les deux. Je pense que ce serait un plus pour les vocations littéraires et un plus pour les vocations scientifiques.

Je le propose et ne l'impose pas, mais je propose en tout cas que l'on y réfléchisse.

25ème orientation : refonder l'articulation entre l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur. Je suis certain que c'est une clé pour lutter en particulier contre l'échec des premiers cycles à l'université parce que ce que les élèves ne savent pas, c'est que l'université, c'est une connaissance que l'on se construit soi-même autant qu’on la reçoit. C'est la recherche dès les premières années, c'est un exercice d'autonomie. Eh bien il faut former à cette autonomie en Terminale. Je propose que la Terminale soit repensée comme une véritable propédeutique, on disait cela autrefois, une véritable entrée, préparation à l'entrée dans l'enseignement supérieur.

26ème orientation : C'est, justement, l'Orientation. L'orientation c'est une ardente obligation. On doit y préparer tout au long de l'enseignement secondaire et à l'entrée à l'université et, pour l'entrée à l'université, je propose que cette orientation soit nourrie par une information objective sur les sorties d'études dans la formation que l'on envisage de suivre, que l'on dise aux étudiants à l'entrée : Voilà ce qui vous attend à la sortie, car ils l'ignorent dans un grand nombre de cas et cela provoque des catastrophes.

27ème orientation : elle concerne les enfants handicapés dans leur scolarisation. Des progrès ont été faits, mais des obstacles demeurent. Beaucoup d'enseignants se sentent démunis face au handicap. Je propose que l'on aborde cette question franchement dans le cadre de la Conférence nationale sur le handicap que par ailleurs j'aborderai ici même la semaine prochaine. Enfants handicapés dans leur scolarisation, cela mérite une réflexion et un soutien nouveau de la nation.

28ème orientation : il faut un grand plan Santé. Les élèves français sont les plus frappés d'Europe par les addictions au cannabis, à l'alcool, par un certain nombre de comportements à risques. Je pense qu'une mobilisation notamment avec les étudiants en médecine, dans tous les établissements scolaires dans l'enseignement secondaire sera bienvenue et urgente pour lutter contre ces addictions.

29ème orientation : deux réflexions générales pour finir. La première : réflexion générale sur l'éducation numérique. C'est très important pour l'avenir. Je vous ai dit ce que je pensais d'Internet, de ses chances et de ses risques. Moi qui en suis un praticien quotidien comme beaucoup d'entre vous, je pense qu'il y a là un gisement de progrès considérable. En même temps, je veux dire qu'il n'y a pas d'éducation qui soit déshumanisée, il n'y a pas d'éducation qui soit entièrement dématérialisée et que les ressources de ce que l'on appelle le e-learning sont, pour l'avenir, en même temps un immense enrichissement des possibilités de formation et de découverte, et un univers qu'il nous faut apprendre et que les jeunes, les élèves et les étudiants doivent apprendre.

Je propose aussi une réflexion générale sur la coopération entre l'enseignement numérique et l'enseignement classique traditionnel dans les classes.

Enfin, 30ème orientation : je pense qu'il faut ouvrir les établissements scolaires en dehors des heures de cours à la demande d'éducation de la société. Une école du soir « à la demande » avec une contribution modeste des apprenants doit être ouverte dans tous les établissements du second degré. L'initiative viendra de la demande de ceux qui veulent apprendre quelque chose. Il y a des pays entiers, je pense aux États-Unis, qui se sont construits sur l'école du soir. Il est légitime et nécessaire de l'offrir en France. Il n'est pas normal que nos établissements soient fermés un jour sur deux dans l'année et ne servent à rien d'autre. Je pense que la société a besoin qu'on lui propose une offre de formation générale.

Voilà les trente orientations que je voulais défendre devant vous. Elles sont concrètes, elles sont pratiques, elles reposent sur une vision de l'éducation, c'est à- dire une vision du civisme, de la République et de la société humaniste que nous voulons construire.

samedi 28 janvier 2012

Bienvenue aux "Volontaires pour Bayrou" !



Cette fois, la campagne présidentielle est belle et bien lancée.
Vous l'aurez remarqué, je me fais rare sur mon blog, par manque de temps et quelques soucis avec la mise en ligne dans les billets de photographies, qui étaient depuis 4 ans mon "point d'entrée" pour porter mes regards sur la Politique.
L'intérêt des médias locaux et nationaux pour la campagne de Bayrou et la dynamique de rassemblement explique aussi en partie mon manque de disponibilité pour communiquer ici, et avoir un dialogue avec vous.

Je suis également très heureux d'accueillir de nouveaux adhérents au Mouvement démocrate, mais aussi "les volontaires pour Bayrou 06."
Nous nous rassemblons de plus en plus nombreux autour du projet porté par François Bayrou. Vous êtes 70 volontaires de plus en 06 depuis le lancement du site bayrou.fr !

Enquêtes, sondages, éditoriaux, articles se multiplient en plaçant François Bayrou sur une pente ascendante dans l'opinion. Si nous apprécions qu'il se trouve de plus en plus central dans le le paysage politique et médiatique, cela n'est qu'une étape dans la campagne électorale. Cette présence médiatique permet aux français de découvrir des bribes de son projet, éléments que nous, sympathisants et militants, entendons depuis longtemps. François Bayrou sème les graines du projet de redressement pour notre pays, et c'est à chacun d'entre nous d'expliquer que ce projet est possible, qu'il est le bon et qu'il faut le faire germer. Les français sont de plus en plus nombreux à se dire que "ce peut être possible", il faut maintenant passer à "c'est possible" !

Le message de François Bayrou est difficile. Il est sincère. Ses promesses sont tenables, car elles se limitent à des principes de gouvernance, pas à des cadeaux à telle ou telle fraction de la société. La démarche rassemble les français au lieu de cliver notre pays. Notre candidat fait appel à la concertation, la responsabilisation, en lieu et place de l'autoritarisme ou du dogmatisme.
La critique actuelle est de revenir à "Bayrou est de droite, il rassemble à droite" Comment pourrait-il en être autrement puisque le candidat Hollande est en tête des sondages. Les gens sont des suiveurs, les gens courageux ne sont pas légions ! Et quand des élus "Europe Ecologie les verts" ou Nouveau Centre se rassemblent avec nous, alors les médias prétextent qu'ils ne sont pas d'envergure nationale...Un peu de patience !

Dans les prochaines semaines, nous, sympathisants et militants, auront à faire découvrir autour de nous, ce projet qui donne envie d'en savoir plus et d'écouter François Bayrou "dans le texte" et pas seulement de se contenter des petites phrases des média. Chacun à un rôle à jouer.

Localement nous vous proposons de faire avancer nos projets d'une manière conviviale, et de soutenir l’extra-ordinaire début de campagne présidentielle de François Bayrou.

Nos prochain rendez-vous sont toujours annoncés sur le site 06 de campagne,avec des coordonnées directes.
A très vite, sur le terrain et sur ce blog qui va se réveiller un peu !

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samedi 14 janvier 2012

Jeunesse

Par François Bayrou, du site Bayrou.fr


Jeunesse

La situation des jeunes est aujourd'hui un désespoir. Cela ne dépend pas seulement de la récente crise économique, cela dépend d'une dérive de la société française que chacun peut constater.

Les jeunes en France sont les grands absents du débat politique dans notre pays. On a connu un temps - je ne parle pas de générations antiques, je parle de nous - où les jeunes entraient dans la vie avec des chances intactes, où leurs parents leur garantissaient au moins qu'ils pourraient défendre leurs chances, où la société était organisée. Ceci est je crois très important, pour que des chemins existent du bas vers le haut, accessibles à la force du poignet. Certes il fallait faire des efforts, mais c'était accessible : bourse, concours, méritocratie républicaine. Et tout cela a disparu ! La société est organisée de telle sorte que sa complexité la rend incompréhensible à tous ceux qui n'ont pas les bonnes clés. Quel parcours choisir ? Quelle langue choisir ? Quel établissement ? Quelle formation ? Quelle école ? Quel diplôme ? Les uns savent et les autres ne savent pas.

"Les jeunes sont victimes d'une absence de reconnaissance"

La situation des jeunes issus des familles socialement et culturellement déclassées, cette situation est aujourd'hui un désespoir et cela ne dépend pas seulement de la récente crise économique. Cela dépend d'une dérive de la société française que chacun peut constater, s'il accepte de sortir de son quartier, pour aller rencontrer ceux qui, hélas, sont tous les jours par millions victimes de la situation qui empire. Même les formations qu'ils suivent débouchent sur une absence de reconnaissance, une absence d'emploi. Ils sont bac+3, bac+4, quelquefois bac+5 ou +7, et désarroi. Les familles sont humiliées. J'en connais qui sont docteurs, ils ont passé des tests et ils n'ont rien, et personne ne les avait avertis.

Ceci est pour moi très important. Il n'y a plus de carte de la réussite, de carte au sens carte routière. Il n'y a plus de carte de la réussite qui montre les chemins à suivre quand on vient de loin. Autrefois, dans la France républicaine, dans celle que beaucoup d'entre nous avons connue dans notre enfance et dont nous avons vécu, le chemin était balisé. Il ne l'est plus. Je vous le dis, la pire injustice, c'est quand un jeune garçon ou une jeune fille qui veut en sortir, qui a l'envie, le désir, l'envie de se battre, ne sait plus quelle route suivre pour en sortir parce qu'il n'y a plus de route. L'orientation est devenue un dédale et un labyrinthe.

J'évoque à peine, si j'ose dire, la question du chômage, car le chômage est plus lourd pour eux que pour les autres. Le chômage des générations les plus jeunes atteint 25 %. Dans des quartiers entiers, on est à plus de 50 %. À ce moment-là, on est un pays qui est en perdition.

"Exigeons que l'on pense aux jeunes dans toutes les décisions"

Le sac de voyage de cette génération est chargé de plomb parce que la dette exigera un prélèvement de leur travail pendant des décennies. Il faut voir à quoi ce prélèvement pour rembourser la dette est comparable, il faut voir ce que l'on prendra aux Français pour payer la charge de la dette si on continue. Eh bien on nous rebat les oreilles, on entend beaucoup parler, on a entendu parler ce matin du grand emprunt. Ce qu'il faudra prélever sur le travail des jeunes, c'est au moins un grand emprunt tous les ans. Cela veut dire que les jeunes qui ont 20 ans aujourd'hui, pendant 20 ans, tout l'impôt sur le revenu qu'ils paieront, tout le prélèvement sur leurs efforts et leur travail, tout ce qu'ils devraient dégager pour préparer l'avenir, cette génération le donnera sous forme de rente, moitié à l'endroit des plus riches du pays et moitié à l'endroit de l'étranger. Vous connaissez une génération que l'on a ainsi plombée, vidée de sa substance ? Je dis que les jeunes français devraient instruire à l'égard des gouvernants qui les ont placés dans cette situation un procès pour non-assistance à génération en danger.

Il y a toute la question de comment peut-on aider des jeunes à passer le moment difficile où ils n'ont pas encore d'emploi. Ça, c'est un chantier prioritaire. Il y a tous les chantiers qui touchent à la prévention, à la santé, qui comptent beaucoup et les organisations étudiantes les avaient à l'esprit, en tout cas quand j'étais en relation avec elles. Et il y a tout le chantier, qui pour moi est très important, de l'initiation professionnelle. En France, on vit avec l'idée qu'on fait des études pour faire un métier. Selon moi, et avec plein d'expériences de vie, on devrait découpler les deux. On fait des études et on se forme à un métier. Ce n'est pas nécessairement le métier commandé par les études. On peut très bien faire des études de philosophie et derrière être directeur des ressources humaines. Car le plus important reste l'emploi. Si vous ne donnez pas de "taf", comme disent les jeunes, si vous ne leur donnez pas de travail, vous ne leur donnez pas grand-chose.

Beaucoup me diront, 'mais François fais attention, ce sont les plus âgés qui votent', quelquefois ils disent 'ce sont les vieux qui votent'… Je suis certain que ceux que l'on dit vieux sont les parents et les grands-parents des plus jeunes, qu'un pays est une famille. Je récuse le calcul égoïste. Un pays, c'est comme un arbre ; les fruits valent ce que valent les racines. C'est un ensemble, que nous devons défendre. C'est un écosystème.

Je revendique que nous soyons, dans la vie politique française, les avocats et les défenseurs des jeunes, ceux qui exigent, en leur nom, que l'on pense à eux dans toutes les décisions, surtout les décisions qui concernent l'avenir lointain, même si d'autres ont choisi de sacrifier l'avenir au présent.

François Bayrou

vendredi 6 janvier 2012

" Sécurité mon amour "




Café Démocrate jeudi 12 janvier à 19h30 à la brasserie Borriglione: "Sécurité mon amour"
Retrouvez l'évènement sur le réseau social Facebook, en cliquant ici.


dimanche 1 janvier 2012

Santé, courage, savoir collectivement saisir notre chance !





Une image, une pensée, quelques mots pour vous présenter mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année.
C'est encore une fois un "clair-obscur" qui orne mes vœux.De la mer, en 2011 ( "je goûte le sel de nos rencontres...) à la montagne en cette nouvelle année. D'un mur écroulé d'une grange de la basse vallée des Merveilles, des formes jaillissent, un chemin se dessine.

En 2012, ce sont les lien sociaux, l'amitié et la solidarité qui nous permettront de nous protéger, de dépasser les difficultés, comme de nous ouvrir de nouveaux horizons, de nouvelles perspectives.

Je nous souhaite, santé, courage, et de savoir collectivement saisir notre chance.

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