Tiens, c'est l'heure des envies d'écriture.

De ma déclaration d'humeur.

Bien moins fastidieuse que la déclaration d'impôt.

Moins vibrante que la déclaration d'amour.

Plus admise, quoi que, la déclaration d'humour.

J'ai vu sur twitter que se déroulaient quelque part la remise des "Yabon Awards."

Vous connaissez ?

Un prix satirique pour les racistes ordinaires qui furent victimes de la Lepenisation des esprits. Victimes de l'ignorance, de la paresse intellectuelle. Ou qui ont oublié le chemin pris par leurs ancêtres. Celui de la faim, de la fuite de la misère, de l'oppression, réelle ou crainte. Des trois.

Ou de la fuite de la violence familiale, du rejet. Ou le chemin de la recherche d'une vie meilleure, d'un Elodrado qui finit trop souvent dans l'alcool, le tiercé ou le loto en perfusion, la perte des repères, des amis.

Parlons d'autre chose: moi qui rêve de faire des Hôtels F1 pour SDF, je ne peux pas dire que je n'aurais pas essayé. Comme cette fois où j'ai testé à Orly la nuit sur un banc, façon naufragé volontaire à la Bombard, la condition inhumaine de celui qui n'a rien, qui n'est qu'une proie. Au froid, à la rapine, à la violence. Les chaussures câlées sous la tête, meilleur antivol conseillé par les amis d'infortune. Mais comme toute médaille a son revers, je n'oublierai pas ses deux mondes qui se cotoie, après le dernier décollage, la dernière arrivée, quand le partage des invendus se fait, discrètement, dans un couloir discret. Complice solidarité de travailleurs précaires, vers ceux qui n'ont rien.

Bon, je vous ai dit que j'avais serré la main d'un Président de Conseil Général hier soir ?

Il a un océan de pauvreté à vider à la petite cuillère.

Je ne sais pas si lui a supprimé les subventions de fonctionnement, pour les activités socio-éducatives, aux FJT de son département, l'argent public devient rare. Mais j'en connais un. S'il est au courant ... on verra ça le 27. (ça c'est pour garder quelque porte de sortie au cas où, enfin je me comprends.)

Revenons à mon humeur.

Elle est positive et studieuse. Rieuse plutôt. La situation est cocasse. Je ne vous dis pas ma tenue, il fait quand même froid au 4 ème étage quand on dépasse la latitude de l'Auvergne.

Je bosse dans ma chambre d'hôtel, à 100 m du Stade de France, et 10 m d'une entrée d'autoroute. Drôle de découverte du fameux "9-3". Un camion de société garé sur le parking porte mon patronyme, et je n'ai pas d'appareil photo. Demi-loose.

Le fast food voisin à un service "voiturier" avec casquette la journée. Son "drive in" ferme à 4 heures du matin.

Un autre monde, pour moi qui me réveille avec les gazouillis d'oiseaux habituellement...

Ne dit-on pas que les voyages forment la jeunesse ?

J'ai plaisir à vous dire que je me sens parfaitement en cohérence avec mes choix, mes engagements, et la force que j'y met. Les personnes rencontrées ses dernières heures y sont pour quelque chose.

Je retourne à ma tâche. Le marchand de sommeil a été repoussé par Nicot.

A bientôt.

(tapé et publié sur le réseau social facebook le 12 juin)