Qu'est-ce qui empêche les gouvernements successifs de garantir un toît et à manger à chaque français ?
Pas de réponse , un blanc, rare en télévision, sur le plateau de l'émission "C dans l'air", un soir de la semaine passée. Puis une réponse est avancée par un débatteur: "La solution est le "Marxisme", il faudra une renaissance de cette idéologie !" Pas de ses applications, j'en frémis presque en y pensant.

Pour répondre à mon tour à cette question, je pense au pays des Lumières du 17 e siècle, à notre civilisation occidentale qui est capable d'envoyer des hommes dans l'espace.

Je n'ai pas envie de m'étendre sur le Droit au logement opposable. C'est dans tout les journaux. Je crois profondément que la question du logement est centrale pour des millions de français, de familles et aussi de personnes isolées. Et aussi pour les 100 000 SDF estimés. Je crois profondément à l'urgence de l'application (en attente de décrets) des dernières lois sur l'incitation des collectivités sur les propriétaires de logements vacants à les remettre sur le marché de la location. Parmis les premiers éléments nécessaires, la confiance, avec un juste équilibre entre l'interdiction des expulsions au coeur de l''hiver et la garantie de paiement des loyers pour le propriétaire. La situation de l'immobilier est le fruit de politiques trés anciennes de favorisation "des placements dans la pierre". Les lois de défiscalisation par l'investissement dans l'immobilier soutiennent la construction et sont célèbres, (comme les ministres qui leur donnent leur nom)par leurs exés, les travers générés. Investir dans les départements d'outre-mer, acheter sur plans dans des régions où l'on n'est jamais allé, et où l'on ignore tout du quartier , voir du marché local de l'immobilier.

j'ai pris conscience il y a quelques années, au moment ou ma famille commençait à s'agrandir de façon "hors norme", à quel point l'évolution de l'immobilier m'obligerait à chercher des solutions inédites. Remettre au "goût du jour" l'époque ou chacun construisait sa maison avec la solidarité familiale et de voisinage. L'époque de re-construction, les mouvements tels les "Castors", qui fournissaient des plans types et des conseils pour construire son logement peut ouvrir aujourd'hui quelques pistes de réflexions et de solutions. Si je ne connais pas tout les détails de mon histoire familiale, je sais que mon grand-père a construit sa maison, le soir , après la journée de travail, avec l'aide de ses collègues. Imaginable aujourd'hui ?

Oui, beaucoup d'entre nous bricolent et au moins décorent leur habitat.

Non, si l'on prend en compte nos exigences de confort, le fait que les matériaux sont très chers pour les particuliers.
Optimiste, malgré 9 millions de mal-logés, (rapport de la Fondation Abbé Pierre aujourd'hui !) je cherche des raisons d'espérer, d'être rassuré. La spéculation de certains propriétaires, de certaines grandes entreprises , me fait réfléchir à sortir les actifs immobiliers des bilans des entreprises. Le positif se trouve dans des expériences de cohabitation nouvelles. Des jeunes qui restent chez leurs parents jusqu'à l'âge de trente ans, la co-location, période transitoire qui marque une évolution de la société peut-être riche, un nouvel âge de socialisation. Les journaux télévisés nous présentent aussi depuis quelques mois des échanges, de nouvelles solidarités comme le contrat entre une personne âgée ou isolée, et des étudiantes, qui trouvent une chambre gratuite, contre une présence et de menu services. les projets pavillonnaires avec maintient de l'autonomie des personnes âgées et la présence d'un pôle d'aide à domicile, personnel auxiliare de santé , se multiplient. Sur ce principe, les personnes les plus faibles et les plus marginalisées peuvent bénéficier de résidences sociales. La pension de famille sociale pourrait être un de ces pôles de stabilisation de la chaîne de la réinsertion sociale, bien plus chaleureuses que des asiles de nuit . Passer des foyers logements à de petites résidences sociales, avec une maîtresse de maison et des lieux de vie commune, serait une évolution positive de la prise en charge de la plupart des sans domiciles fixes d'aujourd'hui. Inventé et promu par les acteurs associatifs,Emmaus, Fondation Abbé Pierre, Habitat et Humanisme, ce modéle doit se diffuser, il ne doit pas être la seule réponse, la seule alternative à la rue ou à la chambre d'hôtel meublée délabrée. A u dela de la question du logement, il faut ré interroger notre société qui accepte que les plus jeunes, ou les plus vieux (travailleurs de cinquante ans!) sont des variables d'ajustement, de stocks, sur la préeminance de l'économie sur toutes les valeurs.

Qu'est-ce qui empêche les gouvernements successifs de garantir un toît et à manger à chaque français ?

Rien. La volonté et croire cela possible. Si ce n'est pas en cinq ans, alors tentons-le en dix ans. Les Anglais ont relevés le défi d'éradiquer la pauvreté des enfants en dix ou quinze années.

Je le répête souvent ; qui aurait cru en l'an 2000 possible de diviser par deux le nombre de tués sur les routes françaises ? Un Ministre (et le gouvernement) l'a imaginé et s'est donné les moyens d'y parvenir. Il a contraint les français (radars, permis à points) et nous as convaincu, et nous sommes incontestablement devenus des acteurs de cette politique ambitieuse. Il a fallut trois années, et la stabilisation se confirme encore.

Les hommes politiques agissent encore et ont ce pouvoir, encore. Les citoyens, acteurs eux aussi, permettent ces révolutions de mentalités, de pratiques.Pour la pauvreté, l'exclusion, ce doit être possible également.

Au travail.

En illustration, "BatEco"à Nice-Nord.Résidence voisine du plus grand chantier de Nice depuis Acropolis. Indemnisés pour avoir laissé du terrain et des parkings, aurait-il été imaginable d'aider la co-propriété à repeindre ses facades ?