Pris de vitesse en septembre dernier par Borloo créant l'UDI, le Mouvement démocrate et François Bayrou regardent en ce moment les premiers pas d'un parti encore hésitant. A 11 mois, il est facile de passer des tabourets aux meubles bas, de bras en bras aidant pour apprendre à marcher. Mais les chutes et les badoles sont fréquentes. Avec le PSLE, "Partis Sans Laisser d'Explications" de 2007 des députés inquiets pour leur réélection, puis la révélation d'"ARES"* qui n'a eu de vie que le souffle d'un été, avec encore l'insoutenable suspens de la candidature de Borloo pour la présidentielle 2012, les composantes de ce qui s'appelle aujourd'hui l'UDI sont bien identifiées. Enfin, je le croyais en commençant ce billet: :

Le CNI, plus exactement le Centre national des Indépendants et Paysans se dit le plus vieux parti de droite de France. Il est peut être parti avec le maire gaffeur, Bourdouleix, Maire de Cholet, à la petite phrase aux relents nazis, victime en juillet dernier d'un micro de journaliste façon "Petit journal". Le "I" d'indépendant faisant office pour beaucoup, à Nice notamment de refuge ou de groupuscule "hors UMP" ou autrefois non "RPR UDF", avec déjà des accents bien droitiers. (Obadia, Mangiapan par exemple...) J'ai eu beau chercher, je n'ai trouvé qu'un seul membre niçois ou azuréens du CNIP, Monsieur Renaud Letitre, qui en ce moment se prépare à disputer la mairie de Villeneuve Loubet à M Luca.

La Gauche moderne: JM Bockel au niveau national, Mme Parisot ou M Alain Philip à Nice. Une scission majoritaire fin 2011 va créer la "Gauche moderne et républicaine" en réaction au soutien direct et sans concertation du candidat de l'UMP à la présidentielle. Localement, en mars 2011 notons le passage de Pierre Laigle, ancien cadre socialiste niçois, dans une élection cantonale qui ne parviendra pas à faire oublier ... son oubli de s'inscrire à un second tour, face à Jean-Pierre Mangiapan, en 2008, canton de Nice 6.

Le Parti Radical Valoisien: Séparé de son faux-jumeau le PRG, le plus vieux parti de France ne voudra jamais disparaître pour vivre une aventure sans lendemain, avec des égo à soigner et des cartes personnelles à jouer. Des représentants antibois des radicaux n'ont pas manqué de nous rejoindre, sentant l'issue trop vague et trop politicienne. Et nous en sommes bien content. Quand aux représentants niçois du PRV, Hervé Caël et Richard Pogliano, nous les connaissons bien. Revendiquant à eux deux quelques dizaines de supporters, d'adhérents ou de militants, ils occupent une place nécessaire de la vie politique niçoise, la modération, l'introduction dans le débat de quelques projets, d'idées simples et de bon sens. Mais les deux hommes semblent ne pas s'apprécier, ou du moins ils s'ignorent. Enfin, leur position pour les prochaines municipale ne sont pas encore claires. Si Richard Pogliano a bien écrit un livre d'ode à Nice, presque un programme, il donne rendez-vous aux niçois plus tard, pour "faire quelque-chose". Hervé Caël qui siège depuis cinq ans au nom du MoDem dans le Conseil communal Consultatif de la Ville de Nice semble partant, ou du moins bien parti pour rejoindre Christian Estrosi sur sa liste. Ne serait-ce que pour rester un petit caillou dans la chaussure de M Bettati ?

Le PLD Parti Libéral Démocrate
J'avais été contacté il y a deux ans par des gens se réclamant de ce petit parti, et voulant faire tomber le député Rudy Salles. Ils n'avaient que cet objectif. Depuis, il y a bien un "animateur" identifié, les guillemets présents pour protéger le mot animateur, personnage au premier abord sympathique, s'annonçant un an à l'avance au MoDem 06, puis prenant racine à Antibes avec l'ouverture d'une permanence fantôme et les critiques les plus vives sur les élus démocrates. Pour finalement exister à Nice, ou tenter de le faire croire, notamment avec moult pages internet, sites et blogs tous reliés et faisant circuler un maigre contenu. Nice avait bien besoin d'un donneur de leçon ! Mais pas d'orthographe...

Le Nouveau Centre: Morin à sa tête, Lagarde (le bien nommé) qui veille, voir lui mordille les chevilles. En Côte d'Azur, avec Danièle Tubiana à Grasse, Gilles Cima à Cannes qui, premier sondage aidant, ne décollera pas, (j'ai faillis écrire ne décolère pas) nous avons la surprise ses jours-ci d'apprendre que le premier adjoint de Menton Hervé Novelli serait prêt à ferrailler, ce qui lui vaut d'être exclu, avec retrait de ses délégations. Il lui revient le mérite de faire convoquer un Conseil Municipal mentonnais un 14 aout. J'ai tenu personnellement à assister à cela, 23 minutes de Conseil avec 4 délibérations (2 pour lui enlever ses mandats, un déplacement de station service et la tarification d'un parking souterrain !) Enfin, il faut préciser que l'autre adjointe UDI de Menton, Mme Casério a bel et bien tenu à rester solidaire de M Guibal, Maire UMP (UDF autrefois) de Menton, en lui donnant son pouvoir.
Il reste la situation vençoise, oh combien triste pour ceux qui aiment des élus différents, moins inféodés et plus créatifs, plus sociaux, plus humains. J'ai bien peur, à l'heure où j'écris ces lignes que les passions desservent les vençois, tiraillés qu'ils sont et seront entre Anne Sattonet, Conseillère générale PRV UDI et Loïc Dombreval, ancien président du MoDem 06 de 2008 à 2011, ayant également rejoint discrètement l'UDI après une parenthèse avec l'Alliance Centriste de Jean Arthuis. Il se murmure que l'investiture municipale de l'UDI, comme celle de l'UMP, serait donnée au maire sortant, M Régis Le Bigre, façon ...radicale si je peux dire, de régler le problème. C'est avec un grand intérêt que le Mouvement démocrate suivra ce gâchis annoncé, faute, pour l'instant de pouvoir participer à l'éviter !

Il me reste à citer Rudy Salles, que j'ai servi bien loyalement pendant sept ans et qui, incontestablement a réussi en 2008 pour les municipales le plus "grand chelem" politique qui soit: 3 adjoints, 2 conseillers municipaux à Nice, bientôt suivi par un poste de Conseiller général. Là il n'y a pas de doute, les représentants niçois "Nouveau Centre UDI" sont des vassaux de la puissante UMP locale. Le "Hic", c'est bien le "i", car au moment de réfléchir à l'indépendance et au pouvoir d'une formation politique, il faut bien connaître sa capacité à agir, à proposer, à critiquer, à servir l'intérêt général. Comme je ne voudrais pas que transparaisse la moindre aigreur ou animosité dans mes propos, je vais laisser à d'autres le soin de parler de l'UDI niçoise. Nice Premium, par la plume de M Renato Ferrari, pose une analyse qui doit être assez juste, ou du moins assez bien vue.

Au plan national, la dernière actualité de la jeune UDI est la lettre de recadrage de Borloo à ses troupes, dont je vous livre un extrait:

Dans sa missive, le patron de l’UDI remet les pendules à l’heure. Il en profite aussi pour pointer du doigt des dysfonctionnements internes. Lors de la création de l’UDI, impulsée par Borloo, les patrons des différentes composantes de cette UDF version 2012 avaient décidé de garder - de façon transitoire - leurs anciennes petites boutiques. Hervé Morin restant par exemple président du Nouveau Centre. Mais Jean-Louis Borloo s’inquiète de voir cette transition devenir un mode de fonctionnement durable. «Cette phase est aujourd’hui achevée et, effectivement, il faut passer à quelque chose de plus unifié», admet François Zocchetto, président du groupe centriste au Sénat. Car le maintien de ces anciennes structures pose de nombreux problèmes. A commencer par celui de l’argent : certaines formations gardent pour elles les financements publics et n’en reversent qu’une partie à l’UDI. Ce qui fait dire à Jean-Louis Borloo que le parti n’a pas les moyens de ses ambitions. A savoir, devenir la première force d’opposition devant l’UMP. Selon lui, comme il l’écrit aux membres de son G9, le maintien des petites chapelles conduit l’UDI droit dans le mur.

L'article de Libération à la source

Les indiscrétions de Libération ne sont pas rassurantes pour l'UDI, et l'actualité locale semble confirmer ces dissensions. Mais je ne vais pas commenter davantage. Il reste aux démocrates et aux centristes à trouver des nouveaux chemins de dialogue et d'action, pour notamment, et cela est impératif, redonner de l'espoir aux français et aux azuréens, de la confiance dans la Politique. Et ne pas laisser les électeurs en mars prochain face au seul choix de l'abstention, du PS et ses contradictions, de l'UMP et sa droitisation, du Front national et de son langage d'exclusion.
Au Mouvement démocrate nous défendrons dès l'automne le choix de majorités d'exigences et rassembleuses pour nos communes. De l'analyse des compétences qui restent aux Maires, à la mesure d'une dépense publique que la dette force à maitriser, nos projets et nos propos seront clairs, et nous nous adresserons avec raison à des citoyens acteurs de leur avenir !


* Juin 2011, la création de L’Alliance Républicaine, Ecologiste et Sociale (ARES) Un parti ou une coalition aussi éphémère qu'un papillon.

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